PUCE (Ctenocephalides canis / felis felis)

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HABITATS 
Les puces du chat « Ctenocephalides felis felis « et du chien « Ctenocephalides canis « sont des espèces très proches. Leurs habitats de prédilection sont leur hôte et les milieux qui entourent celui-ci, la couche de l’animal, la moquette, etc.

CLASSIFICATION
Nom : Ctenocephalides
Ordre : Syphonatères
Classe : Insectes
Sous classe : Ptérygotes

MODE DE VIE 
Le parasitisme des chiens par les puces est extrêmement fréquent, il concerne environ 35% des animaux consultés. Si plusieurs espèces de puces peuvent êtres observées chez le chien et le chat, c’est la puce du chat qui est la plus fréquemment retrouvée chez ces deux espèces de carnivores domestiques. Nous allons nous concentrer ici sur la puce du chat. Dès la sortie du cocon, la puce adulte commence à rechercher un hôte, et est attirée vers les animaux domestiques grâce à des stimuli comme la chaleur corporelle, les mouvements (ombre et lumière) et la respiration ( hexhalation de C0² ). A l’inverse de sa larve, elle se déplace vers la surface des tapis et l’extrémité des végétaux, ce qui accroît ses chances de rencontre avec un hôte. Elle peut survivre plusieurs jours avant de prendre son premier repas de sang. Cette survie avant le premier repas est influencée par de nombreux facteurs environnementaux, comme la température et le degré hygrométrique de l’air ambiant. En conclusion, les adultes sont peu résistants au froid et à la sécheresse. Les puces survivent grâce à des hôtes accessoires,comme le chien domestique, mais également sur des hôtes accidentels, comme le lapin de garenne, le rat noir, le surmulot, le renard et aussi les bovins, caprins, ovins, le cheval et l’Homme ! La puce peut également résister à l’hiver en accomplissant son cycle dans les habitations, ou par le développement différé d’immatures, dans les caves et les greniers protégés et visités par des hôtes potentiels(rat, fouine, putois, blaireau). La puce adulte restera sur son hôte pendant toute sa vie, à moins d’en être délogée ou avalée lors du lèchage (toilette du chat). Elle est cependant capable de quitter un hôte au décès de celui-ci, qui se traduit par un abaissement de la température corporelle ou pour échapper au toilettage. L’activité du lèchage du chat lui permet de se débarrasser d’un grand nombre de puces en les ingérant. Pour exemple, si le chat peut se toiletter librement, seulement 22% des puces sont retrouvées vivantes après 22 jours, et la capacité de ponte de ces dernières baisse de façon importante. L’examen du pelage d’un chien ou d’un chat infesté ne permet pas systématiquement d’observer des puces, à moins d’une infestation massive. En revanche la présence d’excréments de puces (fèces) est un signe d’infestation facile à mettre en évidence (granules brunâtres).

ANATOMIE
Insecte à l’état adulte d’une longueur variant de 1 à 8 mm, la puce a un corps aplati latéralement, coloré du jaune au brun foncé et ne comporte pas d’ailes.Une troisième paire de pattes est particulièrement adaptée au saut. Les pièces buccales sont de type piqueur. Lors du saut, la détente est enrichie par une protéine (résiline) à fort pouvoir élastique formant deux »ressorts » situés entre le thorax et les membres postérieurs de l’insecte. Le saut de la puce est une performance technique remarquable ; transposé à l’échelle humaine, un saut de puce correspondrait à la hauteur de la Tour Eiffel avec une accélération G considérable (140 G de force gravitionnelle contre 6 G pour un pilote d’avion de chasse). Notons aussi, que la puce peut effectuer jusqu’à 600 sauts par heure et tirer 400 fois son propre poids.

MODE DE REPRODUCTION
Les puces se reproduisent toute l’année, le degré d’hygrométrie ( >30% ), la température ambiante (16 à 27°) et l’accès à la nourriture sont des facteurs importants concernant une fécondité quantitative. Les oeufs, en général éclosent dans une période de un à dix jours, par exemple : 36 heures à 35° et 3 jours à 21°( Humidité relative 75% ). La phase larvaire comporte 3 stades, il faut donc 2 mues pour que la larve devienne une nymphe, sa taille passant de 2 à 5 mm. Elles ont une vie libre et se nourrissent de divers déchets organiques, y compris de cadavres de larves, et aussi d’excréments (fèces ) de puces adultes qui sont indispensables à leur développement. Leurs mouvements sont aléatoires et la rencontre avec les nutriments semble fortuite. La larve contrairement à l’adulte se dirige vers les zones sombres comme la profondeur des tapis et des moquettes et passe 80% de son temps à la base des fibres. Un bon aspirateur permet d’éliminer 90% des oeufs, mais seulement de 15 à 27% des larves. Leur capacité de déplacement est considérable : jusqu’à 46 cm sur une moquette et 3.30 m sur un sol lisse. A son stade final la larve produit une soie très collante, formant un cocon à l’intérieur duquel elle se transforme en nymphe : c’est l’étape de la pupaison. Le cocon est blanchâtre et de forme ovale, il mesure 5 mm de long et est collant , de ce fait est rapidement recouvert de débris, ce qui le rend moins visible.La durée de la phase larvaire varie de 5 à 11 jours. Si la larve est dérangée lors de la formation du cocon, elle en sort et en forme un nouveau et ce dans 50% des cas, 40% d’entre elles se développent en pupes nues. Le cocon n’est absolument pas indispensable au développement puisque près de 96% des larves réussissent leur métamorphose sans cocon. Il en résulte que si le cocon n’est pas indispensable, il est néanmoins une protection complémentaire à plusieurs facteurs tels la température, les pertes de l’hygrométrie adéquate et surtout les prédateurs (fourmis). En moyenne dans un environnement domestique, le cycle complet est de 3 à 4 semaines…

ETONNANT
Dès la sortie du cocon, la femelle émergente peut s’accoupler…; la copulation a lieu sur le dos du mâle. La durée du premier accouplement est de 63 minutes en moyenne. Les accouplements multiples sont fréquents et augmentent la fertilité ; ainsi des femelles fécondées plusieurs fois produisent en moyenne 400.3 oeufs ( période de 24 jours ) dont 182.8 oeufs sont viables contre 61.7 oeufs dont 19 viables pour les femelles à accouplement unique. Une expérience scientifique (Dryden) a permis de quantifier la ponte totale, qui peut aller jusqu’à 1745 oeufs en 50 jours et plus de 2000 oeufs pendant la durée de vie de la puce. ( 113 jours ) (source: Bibliothèque vétérinaire de Nantes)